Paris s'éveille

(photomontage, anaïs)
[Une conclusion en guise d'introduction.] Queue de poisson en forme de point d'interrogation pour calmer tes soupçons. Je te vire, je t'envole et je te rafistole.
Du plus profond de ta léthargie, tu sens et tu ressens le battement du sang dans tes tempes comme un troupeau de chevaux au galop à la lisière de tes pensées. Tu es languissant et glissant contre le temps et l'ennui. Tu flottes fièrement dans le vent de ta vie comme le pavillon d'un voilier par un soir d'été, sur une mer calme et lisse, où l'air lourd et plombant ralentit tes mouvements et te laisse sombrer dans un sommeil doux et pesant. Du plus profond de ton âme haletante, tu veux en sortir, et gisant dans tes draps blancs comme la pierre, là bas, dans ces contrées lointaines de Grèce que le soleil réchauffe de son caressant rayon à longueur de journée, tu remues et tu tangues. A n'en plus finir, tu chavires et tu te bouscules, te cognant incessamment aux parois exigues de tes pensées, et de ces sentiments qui te transportent.
Et soudain, tu ouvres les paupières. C'est la vie et sa lumière qui écarquillent et emplissent tes yeux, qui les envahissent et les font suffoquer. Tu te lèves et tu arrives, essouflé comme après un marathon en plein Paris sur l'asphalte moite et brûlant d'un mardi de Juin, dans un atelier tout vêtu de blanc, qui te rappelle ce doux repos des tes sens. Il est si haut de plafond qu'il te paraît à ciel ouvert. Ouvert sur le grondement et le léger ronflement de la ville. Tu vis comme à l'aube de tes jours. Fébrilement. Nerveusement, peut être. Il est quatre heures.
Paris s'éveille.
Exagérément vôtre, Léa
Par photopathes, Mardi 22 Mai 2007 à 19:45 GMT+2 dans Ville (article, RSS)




