Le Jazz, je l'écoute en vinyles ...




-je ne savais pas laquelle choisir-
anaïs
Dehors, il fait froid ; il pleut ; c'est gris. Et moi j'écoute du jazz. Du jazz, parce que c'est chaud, ou plutôt, chaleureux. Rassurant, confortable. Je me blottis dedans comme dans une pièce calfeutrée, complétement isolée. Mes quatres autres sens sont anesthésiés. En hiver, pourquoi uniquement en hiver ? Parce qu'à l'intérieur de ce corps gelé (con-gelé, huu), tout un monde s'imagine, un monde chaud : les clubs de jazz, cette musique enveloppante, envoûtante, la fumée de cigarette qui surplombe la salle comme un toit de nuages, le rêve d'une autre époque en noir et blanc. Ou alors, enrobée de couleurs chaudes, passées.
Il y en a certainement qui, dans ces mois -en tout cas, pour moi- terribles, que sont ceux d'hiver, pensent aux plages de rêve, de leurs rêves, des calendriers qu'on leur distribue en cette période, pour trois francs et six sous. Moi, c'est le jazz.
Mon voisin, lui, c'est toute l'année qu'il en écoute, du jazz. Mais du vieux jazz, style big-band. Du jazz à papa, comme j'aime l'appeler. Quand je sors sur le palier, à travers la porte, j'entend ces sons pétillants. Je ne peux m'empêcher de sourire. J'aurais envie de coller mon oreille à sa porte, de m'accroupir sur le paillasson, de fermer les yeux et de rester là. Comme une enfant. Mais non, je n'ose pas.
Je ne sais pas si vous avez déjà entendu un italien prononcer le mot jazz. C'est fantastique ; ça fait "djèzz" ; et c'est charmant.
L'hiver, c'est terrible. J'ai envie de me mettre en position fœtale, les genoux repliés contre le corps, recroquevillée, pour échapper à ce froid qui me ronge. De ne plus bouger, de rester toute la journée dans cette position ; d'attendre que ça passe. Mais non, je dois sortir.
C'est le genre de période où je suis enrhumée, fatiguée, j'ai mes règles au mauvais moment, t'sais la culotte qui rentre dans les fesses parce que j'ai couru sur le chemin parce que j'ai mis trop de temps à me lever et que ma mère m'a répété une bonne dizaine de fois "Léaaaa, tu vas être en retard..." et où j'ai hurlé un bon coup parce que c'est bien une des choses des plus désagréables que je connaîs, de se faire répéter que "tu vas être en retaaaard" alors que tu le sais déjà assez...
C'est le genre de moment où je passe mon temps à rêver. J'attends des textos qui n'arrivent pas (mais ça, c'est une autre histoire...).
C'est le genre de mois où j'ai envie de me plonger dans un bon bouquin au creux de mon lit, où j'ai envie de travailler mes morceaux de clarinette pour moi, pour moi, mais je suis "so-overbookée" musicalement et scolairement pour laisser du temps à mes petits plaisirs personnels.
C'est le genre de période où j'aurais envie d'écouter du Brel mais je ne peux pas parce que, non, c'est trop déprimant. Où je passe des heures au téléphone avec Anaïs ou Julie à parler de FUTILITES (n'est-ce pas maman) ; ou pas, hein !
C'est le genre de moment où j'ai envie de passer du temps à ne rien faire ; à faire exprès de m'ennuyer.
Mon sac est trop lourd, j'ai envie de faire pipi encore plus souvent à cause de la pluie et du froid (imagiiiiine !), j'ai des boutons et mon chat dort plus des trois quarts du temps. Et j'écoute du jazz. La boucle est bouclée, les amis.
Musicalement vôtre,
Léa
Par photopathes, Mercredi 5 Decembre 2007 à 20:34 GMT+2 dans autres (article, RSS)




