Vendredi 15 Juin 2007
La course
Par photopathes, Vendredi 15 Juin 2007 à 22:25 GMT+2 dans autres
La vie est une course.
Une course après le temps, une course contre l'ennui, une course pour ne pas sombrer.
Quand tu cours après le temps (ou que le temps te court après, cela dépend comment tu vois la chose), tu cours, tu cours, éperdu, perdu aussi. Et si tu t'arrêtes de courir, non seulement tu es mis sur la touche, mais tu péris. Tu n'as jamais (ou pratiquement jamais) le temps de réfléchir, de méditer sur la décision à prendre, le choix à faire. Alors tu choisis, tant bien que mal en ayant très brièvement peser le pour et le contre. Une fois sur deux, tu tombes juste. Sinon, tu cours encore plus vite pour te dépétrer de cette situation. Il y a comme ça des gens qui à force de courir de plus en plus vite pour échapper au désespoir qui s'emmèlent les jambes et tombent.
Et dans cette course contre le temps, les participants ont l'impression de se connaître parce qu'ils se sont croisés de nombreuses fois, mais en vérité ils se jugent et ne se connaissent pas. Certains essayent et y parviennent presque. Mais, non, la course reprend au moment où le rythme ralentissait et permettait enfin la connaissance et le respect profond de l'autre. Personne dans cette course ne se connaît vraiment.
C'est une course d'amour aussi. Ou de haine, encore une fois, cela dépend de la manière dont tu vois les choses. Quand tu es amoureux, tu cours après quelqu'un, mais parfois, cette même personne court après quelqu'un d'autre, qui court aussi après quelqu'un d'autre, etc. Et parfois, bizarrement, deux personnes s'arrêtent de courir parce qu'elles se retrouvent face à face. Mais comme autour d'eux, beaucoup de personne continuent de courir, un jour, ils s'y remettent.
Je sais, c'est peut être une vision pessimiste et triste de la chose, mais ça me paraît une bonne image. Enfin, il y a aussi des occasions (multiples pour certains, plus rares pour d'autres) où la course est heureuse, gaie et joviale. Il y a aussi des gens qui la gagnent cette course. En rencontrant et en s'alliant à d'autres coureurs, qui eux aussi souffrent. Et ensemble, ils arrivent à courir lentement, mais surement.
Vous trouverez peut être que ce texte est un ramassis de clichés ridicules et erronés, mais on peut avoir l'envie et le droit d'y croire, ne serait-ce que pour quelques jours, quelques semaines.
image : toboggan Tate Modern, à Londres (léa)
Bien à vous, Léa
Sans transition, les refléxions habituelles. J'aimerai bien grandir plus vite, profiter plus ! Mais oui, je sais, il ne faut pas brûler les étapes ! Alors bon, j'attend ! 



